السبت 08 أغسطس 2020

L’économie de plateforme: Pourquoi la Tunisie s’en prive-t-elle ?

تاريخ النشر : 8 أبريل 2020

Tarek Ben Noamene*

L’économie de plateforme, ou encore “l’économie du partage” est un modèle économique basé sur l’intermédiation en ligne assurée par des plateformes numériques. Le principe consiste en la mise en relation des particuliers souhaitant partager, donner, troquer ou louer leurs actifs personnels ou services avec ou sans échange monétaire.

 

Ce business digital couvre plusieurs domaines allant du logement, dont on trouve le géant Américain Airbnb, au transport (Lyft, Uber ), à la livraison (DeLiveroo) ou encore les cours particuliers et les services à domicile..etc.

 

L’économie du partage a des avantages économiques, sociaux et écologiques:

 

Économiquement, et au-delà des possibles opportunités d’emploi qui seront créées au tour de la gestion de la plateforme, ce modèle favorise essentiellement, l’Entrepreneuriat (auto-emploi). Par exemple, grâce aux plateformes en ligne, il suffirait d’avoir un “vélo” pour devenir auto-entrepreneur en faisant de la livraison. Ou encore, une agence de design intérieur peut confier une tache de conception sur Autacad à un individu connecté à son ordinateur depuis une autre ville (crowdworking).

 

Sur le plan écologique, l’économie de plateforme favorise la réduction du gaspillage à travers l’optimisation de d’utilisation des biens et actifs personnels. Socialement, elle renforce les valeurs de solidarité, d’entraide et de partage entre les individus.

 

Récemment, ces plateformes se sont montrées utiles en temps de crise. Airbnb, par exemple, a mis à la disposition de ses membres la possibilité d’offrir leurs logements aux personnels médicaux pour être plus proches des hôpitaux et donc mieux servir les victimes de Corona 19.

 

En Tunisie, ces activités de partage ont toujours existé mais d’une façon informelle. Par exemple, les individus font de la location saisonnière, louent leurs voitures ou proposent de partager les frais de déplacement, donnent des cours particuliers..etc.

 

A vrai dire, en Tunisie, nous sommes “Ubéristes”, “Airbnbistes” et “Lyftistes” avant même que ces plateformes digitales ne soient créées. Cependant, et à ce jour, il n’y a toujours pas de cadres réglementaires suceptibles de structurer et encadrer ces activités. Bien au contraire, des lois récemment adoptées, vont carrément à l’encontre de toutes initiatives allant dans ce sens. Par exemple, la loi relative à l’interdiction du co-voiturage mise en application l’an dernier prévoit de lourdes amendes à l’automobiliste et à ceux qui se déplacent avec lui en co-voiturage.

 

 Dans d’autres pays, comme les Etats Unis, bien au contraire, on fait payer les automobilistes le double des frais d’autoroute s’ils se déplacent en solo dans leurs voitures. C’est une façon d’encourager le co-voiturage et réduire l’embouteillage et la pollution.

 

En Tunisie, Il serait dans l’intérêt de tout le monde d’encadrer ce secteur en instaurant un cadre réglementaire tout en assurant son intégration dans l’économie digitale à travers les plateformes numériques. Ceci permettra de sortir ces activités de l’informel et de créer des opportunités d’auto-emploi.

 

Toutefois, il est important de réfléchir à un cadre légal bien adapté au contexte tunisien afin d’éviter les effets pervers de “l’Ubérisation” qui ont été soulevés ailleurs, et en particulier ceux liés aux risques d’émiettement de l’emploi, la précarité et le “micro-tâcheronnage”.

 

L’économie de plateformes porte un potentiel économique considérable et représente un gisement “d’emploi indépendant” à ne pas sous-estimer. Elle facilite les échanges commerciaux entre individus, génère des revenus complémentaires, réduit le chômage et apporte une bouffée d’oxygène à l’économie locale.

*Professeur d’Université.    

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