الثلاثاء 27 أكتوبر 2020

Entrepreneur Salarié ? Pourquoi pas

تاريخ النشر : 16 أبريل 2020

Tarek Ben Noamene*

L’un des premiers obstacles auxquels se heurte un jeune entrepreneur est le manque d’un revenu stable et suffisant pour couvrir ses dépenses personnelles.

 

Plusieurs jeunes sont tentés par l’aventure entrepreneuriale. Ils ont des idées et des projets auxquels ils croient, mais en l’absence d’une sécurité financière ils renoncent à leur rêve.

 

Dans des pays comme le Canada ou la France, des dispositifs simples et pratiques ont été mis en place pour mitiger ce problème. Par exemple en France, et depuis l’adoption de la loi sur l’économie sociale et solidaire en 2014, de nombreuses coopératives d’activité et d’emploi (CAE) se sont converties en coopératives d’entrepreneuriat salarial. Les coopérateurs entrepreneurs disposent d’un contrat de travail signé avec la CAE  et d’un salaire reçu tous les mois.

 

Avec une telle stabilité financière, les entrepreneurs pourront donc se concentrer sur leurs projets sans se soucier des factures à payer. Ces structures “d’Entrepreneuriat Responsable” offrent aussi à leurs membres des services d’accompagnement personnalisés de l’étude de l’idée jusqu’à la création et le développement du projet. Ces services sont assurés gratuitement par l’équipe de la coopérative.

 

En même temps, l’entrepreneur salarié reste autonome dans la gestion de ses prestations avec ses propres clients.

 

En Tunisie, le modèle de développement de l’entrepreneuriat repose essentiellement sur l’effort de l’Etat qui, à travers divers programmes et initiatives, a réussi à créer une certaine dynamique entrepreneuriale. Au cœur de ces programmes nous trouvons les “pépinières des entreprises”. Des entités assurant un double rôle: incubation et hébergement post-création avec une partie conseil et expertise assurée par des prestataires externes.

 

Ce modèle, adopté depuis des décennies n’est plus en mesure d’apporter des solutions à un entrepreneuriat qui connait de très grandes mutations.

 

L’offre de services des pépinières ne répond plus aux exigences du contexte actuel où l’information est instantanée et gratuite, l’accès facile à des outils performants comme l’open source et les plateformes de formation et d’éducation en ligne..etc.

 

L’émergence de nouveaux modèles d’entrepreneuriat propulsés par des concepts économiques innovants comme la “Gig Economy”, le Nomadisme Digital ou encore l’Economie de Plateforme, exige des compétences humaines et des moyens technologiques que les pépinières ne peuvent pas s’offrir.

 

Malgré l’intégration des pépinières dans des “pôles technologiques” dans l’objectif de créer des “systèmes locaux d’innovation” cette stratégie n’a pas réussi à stimuler d’une façon durable l’entrepreneuriat innovant en Tunisie.

 

À moins qu’elles se réinventent, les pépinières d’entreprises sont vouées à la disparition. Une solution possible serait de les transformer en “accélérateurs” en s’inspirant des modèles Américains  “Accelerators”. Les incubateurs accélérateurs sélectionnent un nombre limité de projets de haute valeur ajoutée et avec un potentiel de croissance élevé. Seulement ces projets “accélérables” bénéficieront d’un accompagnement personnalisé avec l’aide d’investisseurs tiers.

 

 

Il est primordial à ce qu’on crée un environnement entrepreneurial adéquat pour libérer le potentiel des jeunes en Tunisie. Il faut qu’on leur donne les moyens pour qu’ils choisissent des formes de collaborations qui s’adaptent à la fois aux exigences du contexte actuel et à leur personnalité entrepreneuriale. La façon dont les jeunes entrepreneurs (milléniaux) réfléchissent, s’organisent et décident est complètement différente. Ces jeunes ont grandi avec internet et ils sont ancrés dans le digital.

 

L’entrepreneur d’aujourd’hui n’a pas besoin d’une adresse postale auprès d’une pépinière ou d’une assistance administrative pour la  mise en place de son projet car il peut tout faire en ligne. Il a, par contre, besoin d’être entouré de personnes qui sont déjà dans l’entrepreneuriat pour bénéficier de leur conseil et de leur expérience, ou encore d’un réseau pour développer son business. Il a besoin d’un écosystème entrepreneurial innovant, cohérent et complet.

 

Les “coopératives d’entrepreneuriat” pourraient contribuer à la résolution des défis rencontrés par les jeunes entrepreneurs. Les porteurs de projets auront la possibilité de joindre une coopérative existante ou d’en créer une.  Ils signeront un contrat de travail avec la coopérative par lequel ils toucheront un salaire mensuel calculé au prorata de leurs chiffre d’affaires.

 

Dans ce cadre, ils n’auront pas à créer une structure juridique et ils seront donc exemptés de tout engagement à l’égard de l’administration fiscale. La coopérative serait aussi un cadre pour l’expérimentation de l’idée entrepreneuriale sans assumer les risques à l’entrepreneur.

 

Des services d’accompagnement de la phase d’idéation jusqu’a la mise en orbite du projet seront aussi assurés par une équipe de spécialistes membres de la coopérative.

 

Grâce à la complémentarité des projets adoptés par la coopérative, les membres pourront créer des synergies et des partenariats internes nécessaires pour un démarrage en sécurité.

 

L’entrepreneuriat salarié libère les jeunes entrepreneurs de la peur de se retrouver dépendants de la réussite de leurs projets pour pouvoir mener une vie normale.

 

Il leur garantit à la fois une situation sociale stable (salaire) et une autonomie entrepreneuriale pour réaliser leur rêve.

Professeur d’Université*     

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